Séance spécialeDry Leafmercredi 16 septembre 2026 à 19:00

Chaque mois, votre salle art & essai vous emmène hors des sentiers battus à la découverte de nouvelles formes d'écriture cinématographique, les trésors des Templiers !
Mercredi 7 septembre à 19h, plongez dans un voyage à travers la Géorgie avec Dry Leaf... Le réalisateur Alexandre Koberidze, dont c'est le troisième long-métrage de fiction, l'a tourné avec un vieux téléphone portable. "Une aventure sensorielle et picturale de trois heures" (L'Humanité) !
Film précédé d'une courte présentation.
Bien sûr, il y a cette structure visuelle, une image saturée et indéfinie qui appelle à chercher les moindres variations et détails dans chaque pixel, comme Irakli cherche dans chaque détail du paysage et de son bestiaire la moindre trace de sa fille. Mais le film s’illustre aussi par la générosité de Koberidze, qui offre aux spectateur·ice·s la possibilité de jouer avec son système à chaque minute et de s’y investir pleinement. Chaque contrainte économique et technique devient une force plastique et narrative, par laquelle le cinéaste géorgien invoque autant de personnages fantômes que de tableaux impressionnistes à couper le souffle. Il y a aussi cette attention portée aux choses les plus infimes, cette décélération du temps, comme le moment où l’on se suspend à la frappe du tireur de coup franc, dont le titre, Dry Leaf, est autant la traduction que celle des feuilles qui jonchent les terrains de football géorgiens.
À l’heure où la menace d’une concentration toujours plus forte pèse sur la diversité des formes cinématographiques, où la crainte de la division crée des refus d’obstacle face à des œuvres et des esthétiques jugées trop radicales, Alexandre Koberidze livre un sublime manifeste sur le pouvoir des images et nous rappelle que le propre des cinéastes est de confier à celleux qui regardent les clés de leurs imaginaires.
Clément Dussart, délégué général du GNCR – Groupement National des Cinémas de Recherche
